mardi 19 juin 2018

Citation

Nous supposons ici que l'acceptation de la réalité est une tâche sans fin et que nul être humain ne parvient à se libérer de la tension suscitée par la mise en relation de la réalité du dedans et de la réalité du dehors ; nous supposons aussi que cette tension peut être soulagée par l'existence d'une aire intermédiaire d'expérience, qui n'est pas contestée (arts, religions, etc.). Cette aire intermédiaire est en continuité directe avec l'aire de jeu du petit enfant "perdu" dans son jeu.

Donald W. Winnicott, Objets transitionnels et phénomènes transitionnels

vendredi 15 juin 2018

Citation

Quand il est d’humeur dépressive, l’enfant, ou l’adulte, jette une couverture sur la totalité de sa situation interne, ou laisse tomber sur elle, comme pour la contrôler, un brouillard, une brume, une sorte de paralysie où le tri du bon et du mauvais devient impossible.

Donald W. Winnicott, La nature humaine

vendredi 8 juin 2018

Citation

Que voit le bébé quand il tourne son regard vers le visage de la mère ? Généralement, ce qu'il voit, c'est lui-même. En d'autres termes, la mère regarde le bébé, et ce à quoi elle ressemble est en rapport avec ce qu'elle voit.

Donald W. Winnicott, Le rôle de miroir de la mère et de la famille dans le développement de l'enfant

mardi 5 juin 2018

Citation

Selon les règles du jeu, nous savons tous que nous ne mettrons jamais le bébé au défi en lui demandant de répondre à la question : "As-tu créé l'objet ou l'as-tu trouvé ?"

Donald W. Winnicott, L'utilisation de l'objet et le mode de relation à l'objet au travers des identifications

vendredi 1 juin 2018

Congrès minute : "L'imaginaire en partage : Bion en partage"


Description

L’imaginaire en partage : Journée organisée par Chantal Lheureux-Davidse (IHSS, CRPMS),  le 7 avril 2018 à Paris avec la présence exceptionnelle de Julian BION.
Kleiniens et post-kleiniens, lacaniens mais d’abord freudiens, et tous cliniciens nous continuons dans ce colloque à mettre en discussion et en partage ce qui nous unit et ce qui nous sépare de part et d’autre de la Manche. L’Imaginaire, ses rêves, ses rêveries, ses fantasmes, ses mythes et récits, seront mis au travail tant entre psychanalystes d’adultes que d’enfants. On sait que les enfants y ont abondamment recours en séance à travers le « playing » de Winnicott, le « dreaming » de Bion et tous les usages de la « play technique » de Mélanie Klein. Par ailleurs les travaux très actuels sur les origines de la pensée humaine mettent en évidence l’importance de la narrativité dans les thérapies mère-bébé. Il est à noter que Lacan, à partir du stade du Miroir, va ensuite articuler l’Imaginaire aux deux autres ronds du Réel et du Symbolique, mais reviendra toujours avec insistance sur la place considérable de l’Imaginaire dans la construction psychique.Nous tenterons donc de mettre l’Imaginaire et ses objets en partage entre le Royaume-Uni et la France, entre la mère et l’enfant, entre le thérapeute et son patient. Et nous serons très honorés d’accueillir le fils de Wilfred Bion, le professeur Julian Bion qui est médecin réanimateur en Grande Bretagne, et qui a accepté de nous livrer son témoignage sur la personne de son père et sur certains aspects de son oeuvre.
Modératrice : Clémentine Rappaport
9h15 Ouverture : Marie-José Durieux-« Bion en partage. Sharing Bion »
9h55 Julian Bion : « Learning to know my father : a memory of Wilfred Bion » « Apprendre à connaître mon père : un souvenir de Wilfred Bion »
10h35 Table ronde animée par François Lévy-Julian Bion, Marie-José Durieux, Simone Korff-Sausse, François Lévy, Clémentine
Rappaport, Jean-Jacques Tyszler
11h25 François Lévy :« Du mythe individuel au mythe collectif »
11h55 Simone Korff-Sausse : « Ma rencontre avec l’oeuvre de W.R. Bion »
12h20 Discussions
12h30 Pause déjeuner
Modératrice : Sylvie Delpech
14h15 Jean-Jacques Tyszler :« Les imaginaires chez Lacan »
15h Chantal Lheureux-Davidse,« L’imaginaire en partage avec des enfants et des adolescents sans langage »
15h40 Clémentine Rappaport et Laura Duprey :« L’imaginaire à l’épreuve du trauma ».
16h 20: Table rondeSylvie Delpech, Laura Duprey, Marie-José Durieux, Chantal Lheureux-Davidse, Clémentine Rappaport,
Jean-Jacques Tyszler
17h Fin de la journée

mardi 29 mai 2018

À paraître en juin aux éditions Liber : "La Haine en psychanalyse : Donald Winnicott, Masud Khan et leur triste histoire" de Luiz Eduardo Prado de Oliveira

La haine en psychanalyse
Donald Winnicott, Masud Khan et leur triste histoire
de Luiz Eduardo Prado de Oliveira

Cet ouvrage s’inspire de l’article du psychanalyste Donald Winnicott «La haine dans le contre-transfert» (1949). Un cas qui est évoqué dans le texte est manifestement celui de Masud Khan, également psychanalyste, que Winnicott ne mentionne jamais, ni là ni dans aucun autre écrit clinique. Pendant plus de trente ans, ces deux figures importantes de la Société britannique de psychanalyse ont eu une relation complexe et mouvementée. Ils seront tour à tour analyste et analysant, collaborateurs, adversaires. Autant l’un est affable et complaisant, autant l’autre est exubérant et agressif ; mais ils partagent aussi une égale créativité intellectuelle. Entre eux, il y a admiration et concurrence, amour et haine. C’est l’aventure commune de ces deux hommes que raconte ce livre. Dans tout ce qu’elle a d’unique et d’excessif, leur relation n’en illustre pas moins la situation ambiguë, problématique, perverse qui a longtemps marqué le mouvement analytique et qui a donné lieu à de néfastes confusions à l’intérieur de ses rangs.

http://www.editionsliber.com/catalogue.php?p=847

vendredi 25 mai 2018

Citation

La conception de Winnicott, selon laquelle le sujet se créé dans l'espace entre le nourrisson et la mère, suppose une série de tensions dialectiques d'union et de séparation, d'intériorité et d'extériorité, au moyen desquelles l'objet est simultanément construit et décentré de lui-même. Quatre formes distinctes de ces chevauchements dialectiques retiendront ici mon attention :

1. La dialectique du sentiment de "ne faire qu'un/être-séparé", inhérente à la "préoccupation maternelle primaire" ;

2. La dialectique de la reconnaissance/négation du bébé, inhérente au rôle du miroir de la mère ;

3. La dialectique de la création/découverte de l'objet, inhérente aux modes de relation avec l'objet
transitionnel ;

4. La dialectique de la destruction créatrice de la mère, inhérente à l'"utilisation de l'objet".

Thomas H. Ogden, les sujets de l'analyse

mardi 22 mai 2018

Citation

Le holding de Winnicott est, selon moi, un concept ontologique lié avant tout à l'être et au rapport de l'être au temps. Au début, la mère protège la continuité d'être au nourrisson, en partie en l'isolant du versant "non-moi" du temps. Le processus de maturation entraîne, chez l'enfant, une intériorisation progressive de ce holding maternel de la continuité de son être à travers le temps et le flux des émotions.

Thomas H. Ogden, Cet art qu'est la psychanalyse

vendredi 18 mai 2018

À paraître le 8 juin aux éditions d'Ithaque : "Donald Woods Winnicott : une esquisse biographique"

D. W. Winnicott : une esquisse biographique

Hors collection
Brett Kahr

Traduit de l'anglais par Mage Montagnol.

Préface à l'édition française par Laura Dethiville.

Avec un Avant-propos de Susanna Isaacs Elmhist et une Introduction de George Makari.


Par petites touches, Brett Kahr montre de l’extérieur ce qu’était la vie de D. W. Winnicott. Nous le voyons en action, comme suivi par une caméra à l’épaule. Nous le surprenons sortant du métro pour se rendre cinq à six fois par semaine au cœur de Bloomsbury, chez son analyste James Strachey. Nous l’imaginons conduisant sa vieille Rolls à deux places, roulant à 30 km à l’heure, tant il est absorbé dans ses pensées ou dans une conversation avec son passager ; nous l’observons, lors de ses consultations dans une pièce remplie d’élèves, d’enfants et de parents ; nous le retrouvons à son séminaire du jeudi soir improvisant sur un cas puis offrant des fraises et des cerises à tout le monde ; nous l’entendons jouer du piano à la fin de sa journée de travail ; enfin, nous le voyons lutter contre la maladie dans ses dernières années, sans jamais réduire ses activités...

Dans son autobiographie à peine esquissée, il écrivait : “Oh Dieu, faites que je sois vivant quand je mourrai. ” On peut penser que ce vœu fut exaucé, car jusqu’à son dernier souffle Winnicott travailla, aima, se réjouit et poursuivit de multiples projets.

https://www.ithaque-editions.fr/ithhc018winni

mardi 15 mai 2018

Citation

Si vous pratiquiez l'analyse depuis aussi longtemps que moi, vous ne vous inquiéteriez pas d'une interprétation inadéquate : je n'en n'ai jamais donné d'autres. C'est de la vraie vie qu'il s'agit, ce n'est pas une fiction psychanalytique.

Wilfred R. Bion, Séminaires cliniques

vendredi 4 mai 2018

En ligne sur cairn.info (accès payant) : "Sur la mystique bionienne" par Ana de Staal, Revue Corps & Psychisme n° 4, 2017

Sur la mystique bionienne

Ana de Staal
Corps & Psychisme n° 4, 2017

Résumé :

On estime généralement que, dès la fin des années 1960, un W. R. Bion intellectuellement « moins rigoureux », voire tout à fait hermétique, se fait jour, mettant soudain en cause l’approche scientiste qui avait jusque-là fermement guidé ses hypothèses. Rappelant l’interdit kantien de l’accès à la chose en soi, cet article essaie de montrer que, aux antipodes d’un mouvement de rupture idéologique ou d’appauvrissement théorique, l’introduction par Bion d’une approche dite « mystique » à cette époque ne fait que de nous conduire au point exact où, au bout d’un long parcours de recherches, sa réflexion épistémologique le mène. Sous l’apparence d’un retournement vertigineux, l’œuvre de Bion resterait en effet tout entière traversée par un unique fil rouge : le problème de la connaissance en général, et – dans la continuité de Freud – le problème de la connaissance de l’inconscient en particulier. Car affirmer la possibilité de la psychanalyse, c’est aussi démontrer, dans la théorie et dans la pratique, la façon dont le matériel inconscient, par définition inaccessible, acquiert son interprétabilité au sein de la relation analytique.

https://www.cairn.info/revue-corps-et-psychisme-2017-2-p-143.htm

vendredi 27 avril 2018

Citation

En introduisant un type d'ambivalence qui suppose la lutte entre le désir de continuer à vivre et le désir de s'abandonner à la léthargie pour mieux emboîter le pas au trépassé, Freud ajouta une dimension cruciale à sa théorie des relations d'objet : l'idée que les relations d'objet interne inconscientes peuvent présenter soit les propriétés d'être vivantes et vivifiantes, soit celles d'être mortes et léthargisantes (et, dès lors, toutes leurs combinaisons possibles). Cette manière de concevoir le monde objectale interne a joué un rôle central dans les récentes extensions de la théorie psychanalytique, notamment à l'instigation de Winnicott et de Green. Ces auteurs ont souligné l'importance, pour l'analyste comme pour le patient, d'être à même d'éprouver et la vitalité et la léthargie du monde objectal interne du patient. L'impression de vitalité ou de léthargie provenant du transfert/contre-transfert est peut-être la seule donnée à l'aune de laquelle mesurer l'état du processus analytique à chaud et pas à pas.

Thomas H. Ogden, Cet art qu'est la psychanalyse

mardi 24 avril 2018

Reparution de "De la pédiatrie à la psychanalyse" de Donald W. Winnicott aux éditions Payot


De la pédiatrie à la psychanalyse

Donald W. Winnicott
Jeannine Kalmanovitch (Traducteur)
D'une importance historique considérable, puisque c'est par lui que Winnicott a été connu en France, De la pédiatrie à la psychanalyse est une référence incontournable. Parmi les trente textes qui le composent, et qui manifestent l'indépendance d'esprit de ce grand psychanalyste, la variété technique et conceptuelle de ses travaux, on trouvera notamment réunis certains de ses essais les plus célèbres sur l'agressivité et la tendance antisociale, la haine, les objets transitionnels, la solitude, etc.

mardi 17 avril 2018

Citation

Winnicott a été le premier analyste à formuler une hypothèse génétique du Soi, à évoquer cette expérience subjective d'être au monde qui se développe en parallèle des fonctions psychiques. Le point de départ pour le développement émotionnel de cette subjectivité se situe dans cette période précoce de l'enfance, où la mère sert de miroir à son enfant, autrement dit le réfléchit, en parvenant à s'identifier avec lui, avec ses désirs et ses besoins. La constance du sentiment de réalité, ainsi que la base de notre sentiment de sécurité et de notre bien-être psychique, se fondent sur nos toutes premières relations avec un adulte capable de nous reconnaître et de nous restituer le sens de notre spécificité personnelle.

Franco De Masi, Leçons de psychanalyse

vendredi 30 mars 2018

Citation

Du point de vue de l'enfant, rien ne peut remplacer les parents qui ont entre eux une relation d'amour. Une masse de mots ou de théories ne remplacera jamais les parents qui s'aiment.

Wilfred R. Bion, Entretiens psychanalytiques

mardi 27 mars 2018

Citation

Les analystes, soutient Bion, ont besoin de faire disparaître de leur mental le bruit de fond du monde sensible pour devenir plus réceptifs aux autres messages du monde psychique.

Sudhir Kakar, Fou et divin

mardi 20 mars 2018

Citation

Dans la vision de Bion, l'enfant sombre dans une "terreur sans nom" lorsque la mère ne peut pas accueillir, transformer puis restituer ses identifications projectives. Ce processus raté serait à la base de toutes les déformations et tous les effondrements de la personnalité adulte. Non seulement la mère est incapable d'accueillir les identifications projectives de son petit, mais elle peut, en outre, projeter ses propres angoisses sur lui, en l'utilisant comme contenant. La dynamique contenant-contenu se réactualise lors du transfert et du contre-transfert.

Franco De Masi, Leçons de psychanalyse

vendredi 16 mars 2018

Citation

Donc je pense qu'il est seulement exact de présumer que s'il est juste de parler de gens timbrés ou sensés, alors ce doit être vrai pour tous les êtres humains. Il serait ridicule de croire que l'un est ex officio sain d'esprit ou sensé, et que d'autres ne le sont pas.

Wilfred. R. Bion, Entretien sur la méthode avec W. R. Bion, Psychiatrie française n° 1, 1986

mardi 13 mars 2018

En ligne sur cairn.info (accès payant) : "La crainte de l’effondrement : un exemple clinique" par Clare Winnicott, Revue française de psychanalyse Vol. 82, n° 1, 2018

La crainte de l’effondrement : un exemple clinique
par Clare Winnicott

Cet article décrit un traitement avec une patiente dont la crainte inconsciente de l’effondrement minait de plus en plus sa capacité de fonctionner. Le faux-self défensif que la patiente avait organisé pour faire face à un trauma précoce était en train de craquer pour laisser place à des angoisses et à des troubles psychosomatiques. Le travail analytique a consisté à faire vivre à la patiente, d’étape en étape, l’expérience de la douleur et de la terreur de son effondrement premier.

https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2018-1-p-15.htm

mardi 6 mars 2018

A paraître ce mois-ci : "En séance", numéro de la Revue française de psychanalyse, T. 82, n° 1

Ce numéro est consacré à l'un des moments les plus emblématiques et les plus vivants de la psychanalyse : la séance d'analyse. Freud la comparaît à un jeu d'échec, soulignant sa complexité et aussi la difficulté d'en parler. Un siècle plus tard, les pratiques analytiques se sont diversifiées : la séance analytique est désormais proposée selon différents cadres (privés, publiques, voire à distance), aux différents âges de la vie, du nourrisson au grand âge, individuellement ou en groupe. Bien que la référence aux topiques (différences des sexes et des générations) demeure invariable, la diversité des pratiques (psychanalyse sur le divan, thérapie en face à face, psychodrame, thérapie de groupe, consultation, consultation mère/bébé, etc.) introduit des variations dans la nature de la séance, sa fonction, sa fréquence et sa durée. Réfléchir à ces différentes pratiques permet d'interroger les différentes voies curatives proposées par les psychanalystes et de les évaluer.

Sommaire
Editorial


I. CADRE,  SEANCE, PROCESSUS,
Clare Winnicott –  A propos de la crainte de l’effondrement ?


II. METAPSYCHOLOGIE DE LA SEANCE
Botella C. –  Simultanéité en séance et processus analytique
G. Civitarese Rester en attente –  À propos du concept bionien de capacité négative
M. Feldman – Choréography in enactement
H.  Levine – L'Interaction des émotions dans la séance analytique
V. Estellon – En séance, hors séance


III. L'ETAT DE SEANCE
S. Sausse – La séance unique
E. Sechaud – Le silence du psychanalyste
J. Press  – Séances


IV. MODALITES TRANSITIONNELLES DE LA SEANCE
R. Roussillon – Le transitionnel et le travail psychanalytique en séance
V. Bonaminio – En séance : le transfert avant le transfert
F. Pommier  – Le patient d’après


V. LA SEANCE DE GROUPE
N. Zilka, F. Ladame – Séance de psychodrame, séance de psychanalyse : similitudes et différences
M. Bitan – Fenêtres sur des séances de groupe


RENCONTRE
Cordelia Schmidt-Hellerau – La résolution par l’intégration. Une invitation à reconsidérer la théorie des pulsions
Michel Ody – A propos du texte de Cordela Schmidt Hellerau
Cordelia Schmidt-Hellerau – A propos de la réponse de Michel Ody


RECHERCHES
Pascale Baligand – Une chambre à soi. Réflexions sur les liens entre espace et présentabilité
Sébastien Bogajewski – Le jeu vidéo comme idiome subjectif des troubles identitaires


REVUES DES LIVRES ET DES REVUES

https://www.puf.com/content/RFP_2018_t_82_n%C2%B0_1